Le mot du metteur en scène

« Vous qui passez par ce théâtre, un soir, seul, en couple, entre amis pour vous divertir, découvrir un auteur contemporain de grand talent, briser la monotonie d’un fardeau trop lourd à porter, rechercher une parole qui remue, secoue, interpelle, séduit à sa manière…
Installez-vous confortablement dans votre fauteuil, tout se passera bien, à moins que…
Nous espérons que l’heure et demie en notre compagnie vous sera légère et douce, à moins que…
Il y a un peu de désordre sur la scène ou dans la tête de cet écrivain qui ne sait plus très bien où il en est, ce n’est pas grave en soi, à moins que…
Si une femme pouvait venir à son secours… mais laquelle ? Il en a déjà épuisé une, quantité non négligeable, à torts partagés - selon ses dires… Une femme ? À moins que…
À moins de se jeter à corps perdu dans le travail, l’écriture du roman de sa vie, maintenant qu’il en a fait trois fois le tour. Si sa tête pouvait cesser de réfléchir, son cœur oublier qu’il n’a jamais aimé… Au moins vivrait-il en paix avec son corps, à moins que…
Il y a des livres qui brûlent… Il est trop tard !
Vous êtes pris au pris au piège et ne pouvez plus sortir. Ne vous inquiétez pas outre mesure… c’est du théâtre, seulement du théâtre ! »

PS. Merci à la Nouvelle Librairie Descombes de m’avoir fait connaître les éditions L’Archange Minotaure. Merci à Danusza Bytniewski de m’avoir offert ce livre.

Alain Carré