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	<title>Littératures &#38; cie</title>
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	<description>LE BLOG-SITE DE JOSEPH VEBRET : lectures, écriture, rencontres, pérégrinations et autres digressions littéraires...</description>
	<pubDate>Sun, 04 May 2008 11:25:11 +0000</pubDate>
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		<title>Une secrète alchimie</title>
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		<pubDate>Sun, 04 May 2008 07:12:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>

		<category><![CDATA[Work in progress]]></category>

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		<description><![CDATA[
Je ne sais pas pour les autres auteurs de théâtre - j&#8217;en fréquente peu et nous parlons plus d&#8217;écriture que de mise en scène, chacun son rôle et son domaine -, mais, avec le recul, revoyant des extraits d&#8217;En absence mis en scène par Alain Carré, je mesure l&#8217;écart entre les scènes que je visualisais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="425" height="350" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/OGc6RdQSVcE" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="350" src="http://www.youtube.com/v/OGc6RdQSVcE"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;">Je ne sais pas pour les autres auteurs de théâtre - j&#8217;en fréquente peu et nous parlons plus d&#8217;écriture que de mise en scène, chacun son rôle et son domaine -, mais, avec le recul, revoyant des extraits d&#8217;<em><a href="http://www.vebret.com/a-laffiche/" target="_blank">En absence</a> </em>mis en scène par Alain Carré, je mesure l&#8217;écart entre les scènes que je visualisais en écrivant ce texte et le résultat concret sur scène. Je pense que nous, auteurs, sommes tous les mêmes, qu&#8217;il nous faut plaquer les répliques dans la bouche d&#8217;acteurs connus et appréciés qui ressemblent de près ou de loin à l&#8217;image que l&#8217;on se fait de ses personnages.<br />
Je me dois d&#8217;avouer que pour l&#8217;écrivain odieux, j&#8217;imaginais un Pierre Vaneck sombre, soupe au lait, susceptible, cassant&#8230; Pour l&#8217;inconnue, je voyais bien une comédienne un peu froide, distante, dotée d&#8217;un flegme tout britannique, confrontée à ce monstre d&#8217;égoïsme, genre Kristin Scott Thomas&#8230;<br />
Mais je dois me rendre à l&#8217;évidence : <a href="http://www.lisiere.com/carre/index.htm" target="_blank">Alain Carré</a> et <a href="http://www.celinealexandre.be/" target="_blank">Céline Alexandre</a> incarnent parfaitement mes personnages. Le premier, à une ou deux exceptions dictées par le texte, reste constamment dans une théâtralité qui sied à ce type d&#8217;individu imbu de lui-même, grandiloquent en toutes circonstances, méprisant, puant ; la seconde campe une fausse ingénue, tout en finesse, l&#8217;air de rien, mais déterminée. La mise en scène, basée sur une adaptation nerveuse du texte initial, y est pour beaucoup.<br />
Là où j&#8217;envisageais une atmosphère lourde, pesante, faite de silences, de longs monologues, de répliques parfois chuchotées, Alain Carré a pris le parti d&#8217;osciller entre gravité et légèreté, jouant certaines répliques sur le ton de l&#8217;humour ou de la dérision, autant de respirations qui mettent davantage en relief la psychologie des personnages et le déroulé de l&#8217;action.<br />
L&#8217;écrivain ne sait jamais - ou de façon très parcellaire - comment le lecteur lit son livre, ce qu&#8217;il y trouve, ce qu&#8217;il y voit, les images qu&#8217;il visualise. En revanche, au théâtre, regardant vivre ses personnages, il mesure la distance entre ce qu&#8217;il a voulu exprimer et ce qu&#8217;en a fait le metteur en scène, de par ses choix et avec la complicité des comédiens. Plus cette frontière est ténue, plus s&#8217;opère une secrète alchimie entre un auteur et un metteur en scène, entre un texte et une adaptation, une écriture et une lecture, une parole et une image. L&#8217;adaptation, la mise en scène et le jeu d&#8217;Alain Carré, accompagné de Céline Alexandre, sont en parfaite adéquation avec la pièce telle que je l&#8217;ai conçue et voulue. Qu&#8217;ils en soient félicités et remerciés.</p>
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		<title>Drieu mis à nu</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Apr 2008 07:23:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Digressions]]></category>

		<category><![CDATA[Lectures]]></category>

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		<description><![CDATA[La part d&#8217;autobiographie dans l&#8217;œuvre de Drieu la Rochelle est immense. À tel point qu&#8217;il est quasi impossible de séparer l&#8217;homme de l&#8217;œuvre : on le retrouve dans ses romans, à peine dissimulé derrière certains de ses personnages, ses fêlures et ses contradictions, paradoxal, exhibitionniste et pudique à la fois, laissant transpirer son mal-être, ses doutes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La part d&#8217;autobiographie dans l&#8217;œuvre de Drieu la Rochelle est immense. À tel point qu&#8217;il est quasi impossible de séparer l&#8217;homme de l&#8217;œuvre : on le retrouve dans ses romans, à peine dissimulé derrière certains de ses personnages, ses fêlures et ses contradictions, paradoxal, exhibitionniste et pudique à la fois, laissant transpirer son mal-être, ses doutes quant à sa virilité, ses certitudes quant au tragique de la vie ; ces sentiments qui au final construisent un homme.<br />
<strong><em><a href="http://www.vebret.com/wp-content/uploads/2008/04/livre-drieu.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-75" style="float: left;" title="livre-drieu" src="http://www.vebret.com/wp-content/uploads/2008/04/livre-drieu-95x150.jpg" alt="" width="95" height="150" /></a>Notes pour un roman sur la sexualité</em></strong> (Gallimard), que publie Julien Hervier, fin connaisseur de Drieu, propose quelques dizaines de feuillets jusqu&#8217;alors inédits, rédigés en 1942-1943 dans l&#8217;optique d&#8217;un futur roman, voire de mémoires que Drieu sait par avance qu&#8217;il ne pourra mener à leur terme, sa décision de se supprimer étant déjà prise. Vingt-cinq feuillets dactylographiés, sorte de chaînon manquant dans une biographie virtuelle constituée de tous ses écrits mis bout à bout, quelques feuillets qui, associés au Journal et à la part autobiographique de ses romans, permettent à Drieu de <em>« couvrir la totalité de sa vie sans laisser de &#8220;blanc&#8221; »</em>. D&#8217;où l&#8217;intérêt de publier ce texte dès lors que la sexualité de Drieu occupe une place prépondérante dans sa vie comme dans son oeuvre. (Lire à ce sujet sur <strong>BiblObs</strong> : <a href="http://bibliobs.nouvelobs.com/blog/les-livres-des-livre/drieu-la-rochelle-entre-contradictions-et-exhibition" target="_blank">Drieu la Rochelle, entre contradictions et exhibition</a>)<br />
<a href="http://www.vebret.com/wp-content/uploads/2008/04/drieu1.jpg"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-76" style="float: right;" title="drieu1" src="http://www.vebret.com/wp-content/uploads/2008/04/drieu1.jpg" alt="" width="180" height="150" /></a>Certains y verront une espèce de voyeurisme malsain, voir même une démarche marketing d&#8217;éditeur soucieux d&#8217;écouler une production. Sur son blog, <a href="http://wrath.typepad.com/wrath/2008/04/les-lecteurs-de.html" target="_blank">Lise-Marie Jaillant</a> reste dubitative : «<em> Je suis moins convaincue par l&#8217;inédit qui vient de sortir chez Gallimard : qui a envie de connaître la sex life de son écrivain favori ? »</em> La question est pertinente. La démarche de l&#8217;éditeur est parfaitement légitime dès lors que l&#8217;auteur lui-même s&#8217;est interrogé sur sa sexualité et ses interactions avec son œuvre et son univers romanesque. Car, au-delà de sa sexualité en particulier ou de ses turpitudes en général, la vraie question qui mérite d&#8217;être posée est de tenter de savoir par quelle magie, quel miracle, un écrivain réussit ce prodige que de transmuter le réel et l&#8217;imaginaire. Le travail, sans cesse sur le métier l&#8217;ouvrage renouvelé ? Le style, le talent, la sincérité, la monstruosité, l&#8217;éthique&#8230; ? Certes. Mais cela ne suffit toujours pas. Il y a la grâce, le génie, sûrement, mais qui sait peut-être aussi, comme le disait Gide, <em>« cette part d&#8217;inconscient que je voudrais appeler la part de Dieu »</em>&#8230; Cette part de l&#8217;intime, du vécu, du ressenti, du moi, de la descente aux enfers autant que de la clairvoyance, l&#8217;œil du romancier qui voit et donne à voir l&#8217;invisible ; et cette impérieuse nécessité d&#8217;écrire qui est à la fois une souffrance et sa sublimation. Et tout cela me conforte dans l&#8217;idée que pour apprécier un écrivain à sa juste valeur, comprendre son génie et s&#8217;en imprégner, lire entre ses mots pour s&#8217;aider à vivre, il ne suffit pas de fouiller son œuvre de fond en comble, mais sa vie aussi, au plus profond de l&#8217;intime. Trouver ce qu&#8217;il a puisé en lui, analyser ces tripes qu&#8217;il a arrachées pour les poser sur sa table de travail, entre les feuillets noircis des mots de sa pensée. Plus qu&#8217;une leçon d&#8217;anatomie, c&#8217;est à une dissection qu&#8217;il nous faut procéder. Car, comme l&#8217;écrivait si justement Cioran dans <em>Écartèlement</em> : <em>« Malheur au livre qu&#8217;on peut lire sans s&#8217;interroger tout le temps sur l&#8217;auteur ! »</em></p>
<h5>[Photo © Roger-Viollet/<em>Encyclopædia Britannica</em> - Pierre Drieu la Rochelle en 1934.]</h5>
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		<title>Attendre&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Apr 2008 10:14:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Work in progress]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme après une chute de cheval : il convient d&#8217;aussitôt se remettre en selle au risque de trop attendre, hésiter et finalement prendre peur&#8230; C&#8217;est pourquoi j&#8217;ai commencé un nouveau roman sitôt terminé celui sur lequel je travaille depuis plus de quatre ans, dans la foulée, la continuité, ces heures que je consacre chaque matin [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Comme après une chute de cheval : il convient d&#8217;aussitôt se remettre en selle au risque de trop attendre, hésiter et finalement prendre peur&#8230; C&#8217;est pourquoi j&#8217;ai commencé un nouveau roman sitôt terminé celui sur lequel je travaille depuis plus de quatre ans, dans la foulée, la continuité, ces heures que je consacre chaque matin à l&#8217;écriture, ne serait-ce que la prise de notes, voir quelques idées jetées dans mes carnets, pour ne pas rater ce sacro-saint rendez-vous matinal.<br />
Parce que depuis que j&#8217;ai mis un point final au manuscrit - ce moment où l&#8217;on considère qu&#8217;il peut être lu par un autre que soi, notamment des éditeurs -, je suis partagé entre des états d&#8217;âme additifs ou exclusifs.<br />
Un vide d&#8217;abord, comme un manque consécutif au changement brutal de rythme, notamment ces trois derniers mois durant lesquels j&#8217;ai consacré plus de six heures par jour au manuscrit, où tout devient prétexte à idée, dialogue, description, digression, un mot, une image, un livre, une conversation entre amis, les sens en éveil, plus inconsciemment que sciemment, comme Édouard à madame Sophroniska dans <em>Les faux-monnayeurs</em> ? <em>« Depuis plus d&#8217;un an que j&#8217;y travaille, il ne m&#8217;arrive rien que je n&#8217;y verse, et que je n&#8217;y veuille faire entrer : ce que je crois, ce que je sais, tout ce que m&#8217;apprend la vie des autres et la mienne. »</em> Ou comme Richard Millet dans <em>Harcèlement littéraire</em>, ses entretiens avec Delphine Descaves et Thierry Cecille : <em>« Qu&#8217;en est-il du vivant quand on passe son temps à écrire ? Est-ce au détriment du vivant, ou est-ce une autre manière d&#8217;atteindre le vivant ? Est-ce une manière de le fuir ? Tant d&#8217;années après avoir commencé à écrire, je me pose encore ces questions-là. Je n&#8217;ai pas de réponse, je n&#8217;en aurai jamais, sauf si j&#8217;arrête d&#8217;écrire pour faire autre chose </em>[...]. <em>On ne refuse pas exactement la vie ; on la tient à distance, dans le demi-sommeil de la raison qui engendre ses monstres singuliers : les personnages, qu&#8217;on détache de leur nuit pour les exposer à la folie du jour. Écrire, c&#8217;est vivre dans cette distance, intenable de façon prolongée et exclusive. »</em> C&#8217;est cela, très précisément : écrire revient à mourir au monde pour y renaître : (re)construit, régénéré, différent&#8230;<br />
Et plus le temps passe plus le texte me semble faible, pauvre, inintéressant, impubliable. La tentation de le reprendre est grande, mais je n&#8217;en fais rien, je laisse reposer, macérer, décanter. J&#8217;en ai un exemplaire relié, posé sagement sur le bord de ma table de travail ; je le considère de temps en temps, mais me refuse à l&#8217;ouvrir. Trop tôt. Dans <em>M.D.</em> de Yann Andréa, Marguerite Duras parle d&#8217;un manuscrit achevé - <em>La maladie de la mort</em> : <em>« Je sais que c&#8217;est un livre, je crois aussi que c&#8217;est autre chose qu&#8217;un livre, que c&#8217;est autrement qu&#8217;un livre, je sais qu&#8217;un livre ce n&#8217;est plus seulement un livre désormais, que désormais dans un livre il faut qu&#8217;il y ait plus qu&#8217;à lire et que l&#8217;on doit se résigner à ne pas savoir quoi. »</em><br />
Je l&#8217;ai transmis à quelques<a href="http://www.vebret.com/wp-content/uploads/2008/04/20060127100451_moleskine.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-79" style="float: left; border: 4px solid black;" title="moleskine" src="http://www.vebret.com/wp-content/uploads/2008/04/20060127100451_moleskine-300x188.jpg" alt="" width="150" height="94" /></a> éditeurs, en fonction d&#8217;affinités avec des auteurs de leur catalogue ou en adéquation avec mon type d&#8217;écriture. Le manuscrit doit se trouver aujourd&#8217;hui plus ou moins bien placé sur la pile des textes à lire. Peut-être le feront-ils eux-mêmes, ou un lecteur extérieur, voir même un stagiaire ; c&#8217;est la règle du jeu. Mais reste qu&#8217;un livre, quel qu&#8217;il soit, est un travail d&#8217;équipe dans lequel l&#8217;éditeur a toute sa place, de par son savoir-faire, sa connaissance du milieu et le regard extérieur indispensable pour suggérer les modifications qui ne pourront qu&#8217;améliorer le travail de l&#8217;auteur.<br />
Attendre donc, même si c&#8217;est difficile, limite insupportable. Se remettre en selle, prendre des notes, commencer un nouveau carnet noir, écrire, autre chose, différent, à la troisième personne cette fois, un récit nerveux, plus court, peu de dialogues ou de descriptions, privilégier l&#8217;histoire alors que dans le roman achevé elle n&#8217;était qu&#8217;un fil conducteur, un squelette en filigrane, au profit d&#8217;un autre niveau de lecture au travers de digressions, notamment sur l&#8217;écriture.</p>
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		<title>Catherine, veuve Robbe-Grillet</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Apr 2008 07:41:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Digressions]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;ai traîné l&#8217;autre soir ma vieille carcasse jusqu&#8217;au Quartier Latin, pour « assister à un cocktail », selon la formule consacrée, en l&#8217;honneur des auteurs d&#8217;une biographie très « bien reçue par la critique », autre formule consacrée&#8230; Surtout pour sortir un peu de ma tanière et constater de visu et in situ que Paris [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai traîné l&#8217;autre soir ma vieille carcasse jusqu&#8217;au Quartier Latin, pour « assister à un cocktail », selon la formule consacrée, en l&#8217;honneur des auteurs d&#8217;une biographie très « bien reçue par la critique », autre formule consacrée&#8230; Surtout pour sortir un peu de ma tanière et constater de visu et in situ que Paris est toujours aussi embouteillée, qu&#8217;il est toujours aussi difficile de se garer, et surtout que j&#8217;ai encore oublié changer les balais <a href="http://www.vebret.com/wp-content/uploads/2008/05/robbe-grillet.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-90" style="border: 4px solid black; float: left;" title="robbe-grillet" src="http://www.vebret.com/wp-content/uploads/2008/05/robbe-grillet-208x300.jpg" alt="" width="208" height="300" /></a>des essuie-glaces de ma voiture. J&#8217;ai sagement écouté les uns et les autres parler des auteurs, mais surtout du personnage central de l&#8217;ouvrage pour lequel nous étions conviés, grignoté moult cacahuètes, et discuté avec quelques lecteurs qui hantent les mêmes revues que moi, dont celle-ci d&#8217;ailleurs. Paris est un village.<br />
Il y a quelque chose d&#8217;assez effrayant à mettre des visages sur des lecteurs, même si au final on écrit pour les autres. Dès lors que le regard n&#8217;est plus anonyme, le rapport à l&#8217;exhibitionnisme n&#8217;est plus le même. Écrire, qui est plus qu&#8217;une manie solitaire, devient alors un acte délibérément impudique. Écrire, c&#8217;est se vautrer dans la fuite d&#8217;une réalité vers laquelle nous sommes sans cesse ramenés. Le « contact » normal avec le lecteur se fait par un intermédiaire, le livre en général, des pages reliées entre elles, mais aussi l&#8217;écran du net ou de la télévision, la radio également. Le face à face est déstabilisateur, c&#8217;est presque une mise à nu après la mise en danger. Il n&#8217;y a plus l&#8217;envoûtement de l&#8217;imaginaire, du fantasme, du rêve, le propre de l&#8217;écrivain, cet univers dans lequel il se réfugie. C&#8217;est la réalité à l&#8217;état pur. Celle dont il cherche à se protéger. En écrivant d&#8217;ailleurs. Le serpent se mord la queue&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.vebret.com/textes/catherine-veuvre-robbe-grillet/" target="_blank">Lire la suite&#8230;</a></p>
<h5>[In<em> La presse Littéraire</em> 14 - Mars/avril/mai 2008. Photo © Louis Monier]</h5>
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		<title>Avancer pas à pas</title>
		<link>http://www.vebret.com/2008/04/18/avancer-pas-a-pas/</link>
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		<pubDate>Fri, 18 Apr 2008 08:19:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Lectures]]></category>

		<category><![CDATA[Work in progress]]></category>

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		<description><![CDATA[Rencontre avec Alexandre Jardin au bar d&#8217;un hôtel rue des Saints-Pères, près des éditions Grasset. Autant je n&#8217;ai jamais accroché à sa littérature sentimentale, autant sa période « biographie familiale » m&#8217;a intéressé.  Plus Le Roman des Jardin, que Chaque femme est un roman (Grasset, 300 p.) qui vient de paraître. Peut-être parce qu&#8217;il y [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.vebret.com/wp-content/uploads/2008/04/jardin2.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-81" title="jardin2" src="http://www.vebret.com/wp-content/uploads/2008/04/jardin2-94x150.jpg" alt="" width="94" height="150" /></a>Rencontre avec <strong>Alexandre Jardin</strong> au bar d&#8217;un hôtel rue des Saints-Pères, près des éditions Grasset. Autant je n&#8217;ai jamais accroché à sa littérature sentimentale, autant sa période « biographie familiale » m&#8217;a intéressé.  Plus <em>Le Roman des Jardin</em>, que <em><strong>Chaque femme est un roman</strong></em> (Grasset, 300 p.) qui vient de paraître. Peut-être parce qu&#8217;il y est moins question d&#8217;écrivains. Mais le style s&#8217;affirme, se densifie, se pose. Alexandre Jardin quitte enfin ses oripeaux d&#8217;adolescent romantique attardé. Il progresse par périodes : l&#8217;acte I, les écrits de jeunesse, l&#8217;acte II, les écrits indispensables, ceux qu&#8217;il convient d&#8217;achever avant de passer à l&#8217;acte III, le temps de la maturité de l&#8217;écrivain : <em>« Au fond, il y avait trois livres que j&#8217;avais vraiment envie d&#8217;écrire, mon </em>Château de ma mère<em>, mon </em>Temps des secrets<em> et ma </em>Gloire de mon père<em>. Maintenant, c&#8217;est terminé ; je n&#8217;ai plus rien à faire sur ce territoire. Après avoir sincèrement exploré le territoire que l&#8217;on avait envie d&#8217;explorer, arrive toujours le moment où l&#8217;on a brûlé le terrain. Après, soit on s&#8217;arrête soit on change de terrain. »</em> Au risque de tous les risques, notamment de désorienter son lectorat ou de s&#8217;engager dans une mauvaise direction. Mais n&#8217;est-ce pas aussi la règle du jeu (du « je ») ? Se remettre en cause pour se régénérer ?<br />
<a href="http://www.vebret.com/wp-content/uploads/2008/04/jardin.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-82" style="border: 4px solid black; float: right;" title="jardin" src="http://www.vebret.com/wp-content/uploads/2008/04/jardin-214x300.jpg" alt="" width="214" height="300" /></a>Dix ans se sont écoulés entre mon premier roman, <em>Le souffre-plaisir</em> et celui que je viens de terminer, <em>Car la nuit sera blanche et noire</em>, avec, dans l&#8217;intervalle, une pièce de théâtre, <em>En absence</em>. Dix ans déjà. La vie, bien sûr, et ses contraintes, ses obligations, le quotidien à gérer&#8230; L&#8217;envie aussi, et le besoin, de prendre mon temps, de laisser murir puis décanter, d&#8217;avancer pas à pas.<br />
C&#8217;est ainsi que le lecteur attentif trouvera des similitudes entre ces trois textes, indépendants l&#8217;un de l&#8217;autre, mais qui finalement forment un tout, une période, un acte. Personnages récurrents, situations, voire dialogues, identiques, mais développés ou remodelés, autres angles de vision sans pour autant tomber dans le remake&#8230; Tentation d&#8217;abord, dans un premier temps, de rédiger une suite au roman, mais pouvant se lire indépendamment. Idée vite abandonnée. Frustration ensuite, avec le temps, le vécu, de n&#8217;avoir poussé plus loin certaines situations ou affiné la psychologie de certains personnages. Désir enfin d&#8217;aborder des thèmes de recherche personnelle liés à l&#8217;écriture, l&#8217;acte d&#8217;écrire, la frontière chez l&#8217;écrivain entre la réalité et l&#8217;imaginaire, le pouvoir de la fiction, etc.<br />
Puis passer à autre chose, l&#8217;acte II, partir explorer de nouveaux territoires comme le dit si bien Jardin ; même si au final nous écrivons inlassablement le même livre.</p>
<h5>[Photo © Louis Monier]</h5>
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		<title>L’œuvre ou les manœuvres ?</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Apr 2008 06:46:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Digressions]]></category>

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		<description><![CDATA[Rangeant mes tiroirs et les piles qui s’entassent dangereusement sur les bords de ma table, je tombe sur Frédéric Beigbeder qui fit en juin 2007 la une de Lire et de Chronic’art, avec une même question : pitre ou écrivain ? pour l’un, écrivain ou people ? pour l’autre. On pouvait légitimement s’interroger à l’époque [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.vebret.com/wp-content/uploads/2008/05/beigbeder.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-85" style="border: 4px solid black; float: right;" title="beigbeder" src="http://www.vebret.com/wp-content/uploads/2008/05/beigbeder-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a>Rangeant mes tiroirs et les piles qui s’entassent dangereusement sur les bords de ma table, je tombe sur Frédéric Beigbeder qui fit en juin 2007 la une de Lire et de <em>Chronic’art</em>, avec une même question : pitre ou écrivain ? pour l’un, écrivain ou people ? pour l’autre. On pouvait légitimement s’interroger à l’époque sur la stratégie adoptée par Grasset : une montée en puissance jusqu’au Goncourt, comme pour Houellebecq voici deux ans ? Apparemment, certains éditeurs ont enfin décidé de lancer la rentrée littéraire avant l’été, évitant ainsi l’engorgement de septembre, mais donnant aussi aux lecteurs le loisir de lire à une période justement de loisirs.<br />
Beigbeder s’engagea à ne donner que trois entretiens et à ne pas aller parader sur les plateaux TV, affirmant haut et fort qu’il abandonnait tout au seul profit de l’écriture et de la littérature. Je n’en crus pas un mot. Sollicité pour <em>Le magazine des Livres</em>, il accepta que ce support accueillît sa troisième interview, à la condition d’avoir de la place pour s’exprimer et du temps pour répondre aux questions, stigmatisant ces journaux qui pratiquent l’interview express du style « trois questions à » dont le résultat est très loin de la pensée de l’auteur. Rendez-vous fut donc pris dans un café de Saint-Germain-des-Prés et deux heures consacrées aux questions-réponses.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.vebret.com/textes/l%E2%80%99oeuvre-ou-les-manoeuvres/" target="_blank">Lire la suite&#8230;</a></p>
<h5>[In<em> Le magazine des Livres</em> 9 - Avril/mai 2008. Photo © Louis Monier]</h5>
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		<title>De la librairie à la scène</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Apr 2008 07:30:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>

		<category><![CDATA[Work in progress]]></category>

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		<description><![CDATA[Retour de Genève où se joue En absence jusqu&#8217;à fin avril. Étrange sensation que de voir évoluer &#8220;ses&#8221; personnages sur une scène de théâtre. Ils prennent vie dès le lever de rideau pour se matérialiser quatre-vingt-dix minutes durant&#8230; Un choc, même si je m&#8217;y étais préparé. En absence est paru le 15 février 2005. Trois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Retour de Genève où se joue <a href="http://www.vebret.com/a-laffiche/" target="_blank"><em>En absence</em></a> jusqu&#8217;à fin avril. Étrange sensation que de voir évoluer &#8220;ses&#8221; personnages sur une scène de théâtre. Ils prennent vie dès le lever de rideau pour se matérialiser quatre-vingt-dix minutes durant&#8230; Un choc, même si je m&#8217;y étais préparé. <em>En absence</em> est paru le 15 février 2005. Trois années entre la rédaction de la première ligne et la publication. Puis trois années encore entre la librairie et la scène. L&#8217;écriture est la culture de l&#8217;attente, l&#8217;école de la patience. Le metteur en scène Alain Carré, que je ne connaissais pas, m&#8217;avait contacté par mail en avril 2007. Sur les conseils d&#8217;une de ses a<a href="http://www.vebret.com/wp-content/uploads/2008/04/img_0057.jpg"><img class="alignleft" style="float: left; border: 5px solid black;" title="Librairie" src="http://www.vebret.com/wp-content/uploads/2008/04/img_0057-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a>mies écrivain, Danusza Bythiewski, d&#8217;ailleurs présente lors de la première, il s&#8217;était procuré la pièce et envisageait de la créer dans un petit théâtre suisse dont il est co-directeur, le Crève-coeur à Cologny, sur les hauteurs de Genève. Nous nous sommes rencontrés un mois plus tard au Flore, lors d&#8217;un de ses passages à Paris. Le courant est vite passé. Des scènes demandaient à être retravaillées, pour réduire notamment la durée de la pièce qui, à la base, s&#8217;étale sur plus de trois heures. Estimant que le metteur en scène est l&#8217;auteur de sa création sur le fondement d&#8217;une autre création, je me suis contenté de relire l&#8217;adaptation, pour la valider, sans rien toucher à l&#8217;excellente approche d&#8217;Alain Carré qui a ramené le texte à une heure trente en retranchant des digressions et un certain nombre d&#8217;éléments dont le retrait ne change rien à l&#8217;action. Un travail précis, chirurgical, qui accélère le rythme, pour en arriver à la quintessence du texte et des répliques. Le résultat est à la hauteur de mes espérances : une version écrite pouvant se lire comme un roman - j&#8217;avais tenté de faire en sorte que de par la forme et le fond on en oublie le genre au profit d&#8217;une lecture linéaire - et une version jouée, très théâtrale, moins littéraire, mais plus ancrée dans la dramaturgie et la psychologie du personnage principal.<br />
<a href="http://www.vebret.com/wp-content/uploads/2008/04/affiche.jpg"><img class="alignright" style="float: right; border: 5px solid black;" title="affiche" src="http://www.vebret.com/wp-content/uploads/2008/04/affiche-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a>Au départ, ce texte s&#8217;inscrivait dans une double démarche. Réaliser une sorte de charnière entre le premier roman (<em>Le souffre-plaisir</em>) et le deuxième alors en réflexion (<em>Car la nuit sera blanche et noire</em>), tout en inscrivant l&#8217;ensemble dans une même recherche : le statut de l&#8217;écrivain et le rôle de l&#8217;écriture. Afin que le second ne soit pas précisément le prolongement du premier, ni un remake et encore moins une version corrigée et augmentée, j&#8217;ai dans le même temps entrepris l&#8217;écriture de cette pièce, mettant en scène un écrivain odieux, de ceux qui ne se posent jamais de question sur leur démarche, un de ces fonctionnaires du verbe, obtus, borné et avide de reconnaissance ; Pierre Costals, le talent en moins, l&#8217;arrogance ridicule en plus&#8230; Une parenthèse nécessaire, sorte de laboratoire qui brasse plusieurs concepts susceptibles d&#8217;être développés par la suite. Et au final, une fois paru le prochain roman, un genre de triptyque autour de l&#8217;écriture et la fin d&#8217;une seconde parenthèse.<br />
Le soir de la première, je n&#8217;ai pas apprécié toutes les nuances de la mise en scène : j&#8217;étais sur mes gardes, dans l&#8217;anticipation du texte et des répliques, curieux de savoir comment serait jouée telle ou telle scène, angoissé aussi. Pour la deuxième, je suis resté en coulisse, attentif à la musicalité du texte et aux réactions du public. Je me suis promené dans les rues de Genève lors de la troisième. Ce n&#8217;est qu&#8217;au quatrième soir, le samedi, que je me suis installé dans la salle, au troisième rang, comme n&#8217;importe quel autre spectateur et que je me suis laissé conduire par le jeu des acteurs, Alain Carré et <a href="http://www.celinealexandre.be/" target="_blank">Céline Alexandre</a>.<br />
Plus intéressant encore, les conversations avec le public, dans le prolongement de la soirée, très différentes d&#8217;avec les lecteurs d&#8217;un roman : là, il n&#8217;est plus question de style, d&#8217;inspiration, d&#8217;influences littéraires, ni même de littérature, mais de psychologie des personnages et de pertinence des dialogues, de mise en situation et de réactivité. Parce qu&#8217;en définitive, un roman est gravé dans le marbre et n&#8217;évolue plus, que par la seule magie de ses lecteurs lorsqu&#8217;ils plaquent leur propre imaginaire sur les mots de l&#8217;auteur. Le théâtre est plus ouvert, plus évolutif : chaque metteur en scène apporte son adaptation, sa tonalité, sa couleur. Si bien qu&#8217;au final, sans pour autant trahir l&#8217;auteur, un même texte peut avoir plusieurs vies.</p>
<h5>[Photos © JV. Avril 2008 - À la caisse de la librairie Descombes. Dans les rues, au bord du lac.]</h5>
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		<title>Pourquoi un blog ?</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Mar 2008 10:05:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Work in progress]]></category>

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		<description><![CDATA[Après moult hésitations, je reprends donc ici un blog, agrégation de considérations diverses et variées sur mes activités éditoriales au sens large, un lieu conçu d&#8217;abord comme un index, un espace de mémoire en mouvement, la partie visible d&#8217;un iceberg constitué de notes éparses prises au jour le jour, dans des carnets, certes, mais aussi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Après moult hésitations, je reprends donc ici un blog, agrégation de considérations diverses et variées sur mes activités éditoriales au sens large, un lieu conçu d&#8217;abord comme un index, un espace de mémoire en mouvement, la partie visible d&#8217;un iceberg constitué de notes éparses prises au jour le jour, dans des carnets, certes, mais aussi une belle collection de post-it, bouts de nappes en papiers, dos de factures, marges et pages de garde de livres, bref, tout support offrant quelques centimètres carrés de<a title="Deux Magots" href="http://www.vebret.com/wp-content/uploads/2008/04/deux-magots.JPG"><img class="alignleft" style="float: left; border: 5px solid black; margin-left: 0px; margin-right: 5px; margin-top: 5px; margin-bottom: 0px;" src="http://www.vebret.com/wp-content/uploads/2008/04/deux-magots.JPG" border="1" alt="Deux Magots" width="232" height="310" align="left" /></a> nature à accueillir quelques mots griffonnés dans l&#8217;immédiateté, un travail de recherche, au travers de mes lectures, de mes rencontres aussi, pour finalement répondre à la question : pourquoi écrit-on, pourquoi j&#8217;écris et peut-être aussi me conforter dans ce choix. Une base, et des éléments susceptibles de servir pour des chroniques ou autres ouvrages à venir, l&#8217;écrivain, en général, n&#8217;étant qu&#8217;une vaste entreprise de recyclage. De ce que charrient les poubelles du réel, les déchets du vécu, les scories du quotidien. Mais recyclage aussi de ses propres écrits, tant il est démontré qu&#8217;il rédige sans cesse le même livre&#8230; Car après tout, comment pourrais-je parler différemment d&#8217;un même sujet ou d&#8217;une même idée, d&#8217;un support à un autre ?<br />
Prenant pour prétexte la mise au propre de quatre années d&#8217;écriture, de notes, de chroniques, de brouillons, etc., je rouvre donc un blog, non pas par exhibitionnisme ou ambition quelconque à diffuser un prétendu savoir au plus grand nombre, mais un espace conçu comme un lieu de convergence, un cadre, des rails, tout en mettant en partage des éléments de réflexion ou autres considérations sur l&#8217;écrit et l&#8217;acte d&#8217;écrire&#8230;<br />
Longue hésitation faite d&#8217;allers-retours, de renoncements et de recommencements, de tâtonnements et de rejets.<br />
D&#8217;abord parce que je suis issu de la génération de l&#8217;écrit, du papier et de la chose imprimée, la sensualité de la plume qui glisse sur la feuille blanche qui se noircit progressivement, comme par magie. Adepte aussi de l&#8217;oeuvre du temps et du verdict du regard d&#8217;autrui. Ce recul nécessaire avant mise en commun, mais également du filtre indispensable qu&#8217;est le rédacteur en chef ou l&#8217;éditeur, étape intermédiaire qui évite que ne soit publié n&#8217;importe quoi par n&#8217;importe qui, même si tout un chacun à le droit de s&#8217;exprimer. Mais force est de constater qu&#8217;Internet est devenu un copieux dépotoir, un immense défouloir, les chiottes du mal-être, où se côtoient le pire et le meilleur : une vaste fumisterie qui donne à croire, à chacun et à tout le monde, dès lors qu&#8217;il ordonne quelques mots, aligne des phrases, organise des paragraphes, l&#8217;illusion qu&#8217;il est écrivain.<br />
Hésitation ensuite quant à mon statut. Qui suis-je pour dire ce que je pense des livres ou du travail des autres ? Ni critique littéraire, je n&#8217;ai pas la prétention d&#8217;être Thibaudet ou Gracq - la critique littéraire n&#8217;est autre aujourd&#8217;hui, à quelques rares exceptions, que du journalisme appliqué aux livres -, ni écrivain connu ou reconnu - je trace ma route, j&#8217;avance lentement, je cherche, je me construis texte après texte, et c&#8217;est déjà énorme -, je ne suis qu&#8217;un lecteur assidu et appliqué, en quête de plaisirs qui ne se prêtent à aucune substitution. Subjectif donc ; forcement subjectif.<br />
Hésitation enfin quant au temps que l&#8217;exercice requiert. Le va-et-vient permanent, parfois usant, entre une écriture personnelle et une production &#8220;professionnelle&#8221;, &#8220;alimentaire&#8221; laisse souvent peu de disponibilité de temps, et d&#8217;esprit, pour tenir sérieusement un blog qui suppose régularité, contraintes, rigueur, constance, suivi d&#8217;une pensée logique&#8230; S&#8217;en soustraire quelques jours par obligation, par impossibilité de faire autrement et aussitôt la frustration et la culpabilité viennent occuper le même espace disponible du cerveau. Et le serpent se mord la queue.<br />
Nonobstant toutes les raisons objectives et raisonnées de ne pas revenir sur la toile en temps quasi réel, je relance un blog&#8230;</p>
<h5>[Photo © JV. 17 août 2007 - Terasse des Deux-Magots, Paris. En attendant Patrick Besson ; lisant <em>Rideau de verre</em> de Caire Fercak.]</h5>
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